L’air et l’espace au temps de l’IA
Guy TARDIEU
Ancien président de l’OSAC, membre de l’AAE
Comme le dit régulièrement Luc Ferry1 sur Radio Classique le lundi matin lorsqu’il s’approprie le thème de l’Intelligence Artificielle : « l’IA c’est à la fois le meilleur et le pire, mais nous ne pourrons plus nous en passer ».
Le même Luc Ferry rappelait, il y a peu de temps, que « intelligence artificielle » n’est pas une traduction pertinente de « artificial intelligence » qui renvoie plutôt à des notions de renseignements ou de raisonnements. L’IA n’a pas de conscience, pas de pensée, pas de sensibilité, au moins pour le moment !
Pourquoi aussi ne pas reprendre ce qui est inscrit dans la feuille de route de l’EASA (Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, ou AESA), même si cela date un peu : « technologie capable, pour un ensemble donné d’objectifs définis par l’homme, de générer des résultats tels que du contenu, des prévisions, des recommandations ou des décisions influençant les environnements avec lesquels elle interagit ».
La Lettre 136 de l’AAE a déjà détaillé de nombreux enjeux relatifs à l’IA. Mais le monde de l’IA évolue vite, très vite. Nous avons donc essayé dans cette lettre de proposer quelques illustrations complémentaires : je commence, en proposant une vision d’ensemble de la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les secteurs aérien et spatial, qui souligne les gains attendus en matière de performance, de sécurité et d’aide à la décision, ainsi que la nécessité de préserver la responsabilité humaine, la maîtrise des risques et l’adaptation des cadres réglementaires ; Erwan Prud’homme montre, à travers un retour d’expérience dans l’aviation civile, que la valeur de l’intelligence artificielle repose avant tout sur la qualité des données, la robustesse des algorithmes et le maintien de l’expertise humaine face à l’essor de l’IA générative; Patrick Peureux analyse les transformations des métiers de l’aéronautique et du spatial sous l’effet de l’IA et identifie les leviers stratégiques que les entreprises doivent mettre en œuvre pour accompagner cette évolution. Et enfin, Bertrand de Courville nous propose une synthèse des questions posées à Guillaume Soudain de l’EASA à la suite de son intervention lors du Forum de la Flight Safety Foundation tenu à Bruxelles le 30 juin et le 1er juillet 20262.
Chacun aura noté la vitesse à laquelle le contexte de l’IA évolue. Chaque article sur le sujet devient obsolète dès qu’il est écrit, et, encore plus lorsqu’il est publié. De surcroît, des débats relevant plus de la déontologie, voire de la philosophie, se sont installés dans les plus hautes sphères de décision traitant de l’IA pour savoir s’il convenait d’accélérer encore ou de temporiser.
1. Philosophe français, ancien ministre de l’Éducation
2. Voir également le discours prononcé par António Guterres, secrétaire général de l’ONU, le 6 juillet 2026 lors du premier ‘Global Dialogue on Artifical Intelligence Governance’ in Geneva: https://press.un.org/en/2026/sgsm23211.doc.htm
