Décès d’Emmanuel Michal
Emmanuel Michal est né à Boulogne-Billancourt le 15 août 1938. A vingt ans il intègre l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique dont il sort diplômé en 1961. Cette même année, joignant la théorie à la pratique, il passe son brevet de pilote privé pendant les vacances et s’envole ensuite pour la plus ancienne université technique des Etats-Unis, l’institut polytechnique Renselaer où il restera une année.
A son retour il doit effectuer le service militaire et c’est tout naturellement dans l’Armée de l’air. Echappant au service long de la guerre d’Algérie qui vient de s’achever, il est libéré au bout de quinze mois avec une qualification de pilote militaire et avec le grade de sous-lieutenant de réserve.
Une carrière de trente ans commence alors pour lui à Air France, le 11 mai 1964 lorsqu’il est engagé à la Direction du matériel de cette compagnie. Il se spécialise d’abord pendant cinq ans dans la technique des Boeing 707 et des Boeing 727 et, devenu ingénieur principal, il est nommé en 1971 au Centre d’instruction du personnel navigant technique. Deux ans plus tard il rejoint le château de Vilgenis près de Massy où, en juillet 1973, il est en charge de la Division instruction sol.
Promu Ingénieur en chef au mois de juillet 1975, Emmanuel Michal est alors nommé chef de la Division Concorde puis, en 1977, responsable du centre industriel de Roissy. Il est le deuxième titulaire de ce poste prestigieux et contribue activement à la mise en service commercial de cet avion révolutionnaire.
Poursuivant sa carrière avec la modestie qui le caractérise, il exerce ses compétences dans des emplois sensibles comme l’évaluation des avions nouveaux, leur certification et, enfin, se consacre à l’exercice toujours difficile et aléatoire de la prospective. Pendant plus de dix ans il se consacre à cette tâche qui le met en rapport étroit avec les constructeurs, les motoristes et les équipementiers.
Son dernier poste l’amène à Paris, à l’Inspection générale du groupe où il se voit confié un sujet qui prendra de plus en plus d’ampleur, celui de la protection de l’environnement.
Si l’heure de la retraite sonne pour Emmanuel Michal en 1994, cela n’est pas synonyme pour lui d’inaction. Au contraire, il peut se consacrer pleinement aux autres activités qu’il a menées de front pendant toute sa carrière à Air France :
- d’abord, piloter dans son aéroclub où, de 1965 à 1979, il a été instructeur bénévole et qu’il fréquentait encore il y a deux ans, ce qui représente une fidélité de plus d’un demi-siècle.
- ensuite, assouvir une passion qui le caractérise qui est celle de transmettre le savoir. Pendant presque vingt ans, il a assuré comme professeur vacataire, à l’ENSAé de Toulouse, un cours sur la sécurité et sur l’économie du transport aérien. Certains parmi vous l’ont peut-être connu dans ce magister.
- enfin, et ce n’est pas non plus une activité annexe, il y a eu toute sa vie une authentique vocation militaire concrétisée comme pilote de réserve de l’Armée de l’air, fréquentant régulièrement les Sections aériennes du territoire et passant avec succès ses brevets de qualification. Au terme d’un parcours exemplaire, son assiduité lui a permis d’atteindre le grade de colonel de réserve.
Peu avant de quitter Air France, en 1992, il est appelé à intégrer notre Académie à raison de ses compétences en matière d’environnement, sujet qui a pris de plus en plus d’importance, au point que c’est désormais une de nos commissions va en traiter. Aussitôt entré à l’Académie, il s’implique activement dans l’organisation du colloque sur « Les aéroports du futur », organisé en 1995, et dont il est secrétaire du comité de programme. Notre Dame des Landes n’allait pas tarder à montrer toute la difficulté de ce sujet.
Homme humble qui ne recherchait pas les honneurs, Emmanuel Michal était Chevalier de l’ordre national du mérite et titulaire de la médaille de l’aéronautique. Il est décédé le 26 mars et laisse l’image d’un technicien dont la compétence n’avait d’égal que la discrétion.
Il aura donné jusqu’à la fin de sa vie l’exemple d’une sérénité souriante et d’une profonde sagesse.

