Prix et médailles 2024
Grand prix
Il est décerné à Alain Dabas, Anders Elfving, Didier Morançais et Alessandro d’Ottavi, pour «La mission spatiale AEOLUS »
Aeolus est une première mondiale européenne pour la mesure directe des profils verticaux du vent, comblant la lacune la plus critique du système mondial d’observation météorologique. S’appuyant sur une technique d’observation brevetée par le CNRS, l’ESA a choisi l’ultraviolet pour le lidar ALADIN, ce qui permet d’obtenir des profils de vent à partir de l’analyse Doppler de la rétrodiffusion de Ray-leigh par les molécules qui sont toujours présentes dans la profondeur de l’atmosphère, contrairement aux aérosols. En outre, un second canal de détection très innovant permet l’analyse Doppler de la rétro-diffusion de Mie par les aérosols et les particules de nuages dans l’UV, afin d’obtenir davantage d’observations dans des conditions atmosphériques favorables.
Sans la synergie des compétences managériales, technologiques et scientifiques de ces quatre personnalités et leur détermination à mener à bien un projet confronté à des difficultés technologiques sans précédent, l’ESA n’aurait pas réalisé l’une des rares premières mondiales en observation de la Terre, et les États membres de l’ESA et d’EUMETSAT n’auraient pas été convaincus d’investir plus de 1,3 milliard d’euros dans un programme opérationnel de deux satellites Aeolus-2.
Médaille de Vermeil
Elle est décernée à Yan Kerr, Andrés Borges et Jacqueline Boutin, pour « la Mission spatiale SMOS ».
Ces trois personnalités sont proposées pour les contributions majeures qu’ils ont apportées à la mission spatiale pionnière SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity). Dans le cadre du programme Earth Explorer de l’ESA (Agence Spatiale Européenne) la mission SMOS a été sélectionnée en 2001 puis mise en orbite par l’ASE le 2 novembre 2009. Elle est toujours opérationnelle début 2024. Les apports de cette mission d’observation ont dépassé les objectifs initiaux. Ils sont reliés à beaucoup d’évolutions sujettes au dérèglement climatique : suivi et étude des surfaces
continentales et de leur contenu hydrique, évolutions océanographiques, évolutions de la cryosphère et contenu électronique de
l’ionosphère
Le nom même de la mission satellitaire résume bien les objectifs, fortement reliés au cycle de l’eau sur Terre. En effet, la salinité à la surface de l’océan (SSS, Sea Surface Salinity) est une variable climatique essentielle (ECV, Essential Climate Variable): acteur essentiel des échanges océanatmosphère et de la circulation océanique parce qu’elle détermine, avec la température, la densité de l’eau de mer, et marqueur des flux d’eau douce échangés entre l’océan et les autres réservoirs d’eau terrestres (atmosphère, continents, cryosphère). L’humidité de surface (SSM, Surface Soil Moisture) est également reconnue comme une ECV: quantité incontournable en matière de prévision du temps, sa qualité de condition aux limites terre-atmosphère lui assigne un rôle de premier plan dans de multiples processus et applications.
Médailles de L’Académie
Une médaille est décernée à Maryla Boutineau, pour son remarquable ouvrage en deux tomes « Les femmes dans les nuages », qui retrace la participation des femmes à la conquête de l’air dans le domaine de l’aérostation, de l’aviation et du parachutisme depuis 1784.
Une médaille est décernée à Sébastien Bourdarie, chercheur, auteur de nombreux travaux concernant les ceintures de radiation, la physique associée et leur modélisation. Expert de référence internationale pour son expertise dans le domaine de la physique des ceintures de radiation et dans l’interprétation de données in-situ
Une médaille est décernée à Pedro Camanho et Albert Turon Travesa, experts en modélisation de l’endommagement des structures en matériaux composites et optimisation de leur résilience pour leur contribution exceptionnelle aux avancées scientifiques et industrielles liées à la généralisation des matériaux composites dans les programmes européens actuels.
Prix littéraire
Décerné à l’ouvrage de Marc Audrit, « Sur les traces de Jean de Selys, une vie au galop » – publié par l’éditeur belge Weyrich.
Le point de départ de cet écrit décrit le mitraillage par un avion de la RAF du siège de la Gestapo de Bruxelles le 20 janvier 1943, son pilote – Jean de Selys Longchamps, officier Belge – agissant de sa propre initiative. Ce fait d’arme, qui n’a duré que dix secondes, est minutieusement analysé dans deux chapitres, les quinze autres chapitres étant consacrés à la biographie du pilote.