Le paysage scientifique et technologique prend forme, pour que l’humanité étende considérablement l’environnement avec lequel la biosphère terrestre interagit, à l’intérieur et au-delà des limites du système solaire. En effet, lorsque Starlight de la NASA trace un chemin pour propulser des vaisseaux spatiaux miniatures dans l’espace interstellaire à l’aide de faisceaux d’énergie dirigée, le projet Breakthrough Starshot, financé de manière significative par une première subvention 100MUSD, soutenu par des milliardaires et promis opérationnel d’ici une génération, développe un laser offrant une capacité de communication et de signalisation à l’échelle galactique. Les sondes de 1 gramme envisagées, accélérées à 20% de la vitesse de la lumière, porteraient une énergie cinétique (1Tj) proche de l’ordre de grandeur d’une bombe atomique (bombardement d’Hiroshima: 54Tj). Ensuite, un tel système peut être utilisé pour atténuer les risques liés aux astéroïdes menaçants, ou être utilisé ou envisagé comme une arme. De plus, comme la vitesse des sondes dépasse largement la vitesse d’éjection de la Voie lactée, leur portée est potentiellement intergalactique. Compte tenu de cela aux côtés des capsules temporelles d’un milliard d’années déjà lancées dans l’espace par la Fondation Arch Mission, les sondes pourraient être suffisamment durables pour atteindre des destinations lointaines. Des organismes résistants à l’espace, potentiellement spécifiquement sélectionnés ou conçus, pourraient être transportés intentionnellement, fortuitement ou malveillant, à bord et créer de nouvelles biosphères, ou contaminer des biosphères existantes.
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. Le paradigme est en effet en train de changer le long de l’hypothèse selon laquelle les formes de vie peuvent être préservées grâce aux distances interstellaires, survivre au temps de vol et semer (ou contaminer) des mondes. Un concept 10e9 downscale (100W) de Breakthrough Shot, beaucoup moins cher, pourrait suffire à cette fin. Les projets de panspermie dirigée interstellaire tels que le projet Genesis entrent dans le champ d’application. A notre porte, vient d’être proposée l’idée de tester l’habitabilité de Proxima Centauri b, la planète la plus proche au sein d’une zone habitable, ceci par l’envoi intentionnel de spores. En attendant, bien au-delà des disputes théoriques autour de la signalisation intentionnelle à une civilisation extraterrestre potentielle[I], des messages significatifs et soigneusement conçus sont envoyés par de petits groupes à des planètes potentiellement habitables, situées à seulement des années-lumière, si proches que les commentaires pourraient être les bienvenus (ou non) d’ici des décennies, au nom de l’humanité.
Empreinte
Nous pourrions bientôt – si ce n’est pas encore fait – créer, perturber ou interagir avec des biosphères entières. À l’intérieur et même au-delà du système solaire. Compte tenu de la gamme des technologies existantes et de celles en développement, notre portée morale s’étend à des échelles d’espace et de temps, du jamais vu dans l’Histoire. Avec la taille du terrain de jeu, vient l’ampleur des résultats possibles, bons et mauvais, et celle de nos responsabilités en tant qu’espèce.
« Nous ne voulons pas ensemencer, détruire ou interagir avec une biosphère « par erreur ». Nous ne voulons pas non plus répandre « par inadvertance » la Vie telle que nous la connaissons, ou nous connecter à l’intelligence « par hasard ». Ayant la capacité de comprendre les probabilités en jeu, et étant moralement outillés, nous avons la responsabilité de décider de l’empreinte que nous voulons avoir, sur le cosmos local.
C’est une question de responsabilité mondiale, envers notre biosphère et les biosphères potentielles préexistantes ou futures. Le moment est venu de développer une discussion formelle mondiale et éthique concernant l’empreinte que nous décidons d’accepter ou non, en tant qu’espèce, au-delà de nous, au-delà de la Terre et peut-être du système solaire, sur le cosmos local. Le sujet que nous proposons d’examiner est celui de notre empreinte cosmique : l’héritage que nous laisserons derrière nous, lorsque nous regarderons notre biosphère bleu pâle, à partir des plus grandes échelles de l’espace et du temps.