Avertissement : Ce texte reflète uniquement l’opinion de son auteur et n’engage en aucune manière la parole officielle de l’Académie de l’air et de l’espace.
Par Michel VEDRENNE, Ancien directeur à la Direction Générale Technique de Dassault Aviation et membre de l’ AAE
Les lanceurs Diamant, développés par la France dans les années 1960 et 1970, furent les premiers lanceurs spatiaux français – et européens – capables de placer des satellites en orbite. L’année 2025 marque ainsi le 60ᵉ anniversaire du lancement d’Astérix, premier satellite français mis en orbite, événement fondateur de l’aventure spatiale nationale. Elle correspond également au 50ᵉ anniversaire des trois vols du lanceur Diamant B‑P4, ultime évolution de cette famille pionnière.
La période actuelle se distingue par le développement d’une douzaine de lanceurs dits « nationaux » en Europe. Si ces jeunes équipes bénéficient de l’héritage technologique accumulé depuis plus de soixante ans dans le domaine des lanceurs, elles doivent encore affronter des phénomènes physiques fondamentaux, parfois insuffisamment anticipés.
Le texte qui suit évoque les difficultés rencontrées par les ingénieurs français de l’époque et la manière dont ils ont surmonté les contraintes liées à l’effet Pogo – ainsi nommé par les Américains, eux-mêmes confrontés à ce problème quelques années auparavant avec leurs propres lanceurs. Peut‑être ce témoignage pourra‑t‑il éclairer et inspirer les projets actuels.
Au cours de leur vol, les lanceurs à propulsion liquide sont soumis à divers phénomènes vibratoires, dont le plus contraignant est l’effet Pogo. Les lanceurs de la famille Diamant, en raison de leur premier étage à propulsion liquide, n’ont pas échappé à cette difficulté, illustrant dès leurs débuts la complexité inhérente à la conquête spatiale.