Avertissement : Ce texte reflète uniquement l’opinion de son auteur et n’engage en aucune manière la parole officielle de l’Académie de l’air et de l’espace.

Par Eric DAUTRIAT, vice-président de l’Académie de l’air et de l’espace

La floraison permanente de projets technologiques sans avenir mais chatoyants, dont la durée de survie (c’est-à-dire de financement) peut être étonnamment longue avant que leur vacuité n’éclate au grand jour, et dont les secteurs aéronautique et spatial sont – parmi d’autres – de bons pourvoyeurs, mène à s’interroger sur la place des sciences et techniques dans la délibération publique.

Est-ce enjoliver le passé que d’affirmer qu’il y a un demi-siècle, il était courant, notamment en France, de favoriser de grands projets préparés en symbiose par des représentants des Etats et par des ingénieurs, voire proposés par ces derniers, pourvu qu’ils satisfissent une ambition politique ou économique ? Ariane (dont la saga est bien connue, commençant dans le désarroi des échecs d’Europa, par l’avant-projet L3S), Concorde, Airbus, la filière nucléaire civile en sont parmi bien d’autres de beaux exemples. Il y eut aussi de beaux ratages, reconnaissons-le. Quoi qu’il en soit la volonté politique, appuyée sur une vision technique raisonnée, était capable de s’imposer au calcul économique à court terme…

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