Mardi 9 juillet 2024, la partie de l’avenue Edouard-Belin, du début de l’avenue au rond-point de l’Enac à Toulouse a été rebaptisée officiellement “Avenue Marc Pélegrin”, en présence du maire de Toulouse et des membres la nombreuse famille très émue “non seulement d’avoir une plaque mais une avenue” du nom de Marc Pèlegrin. Ce baptême, a mis en lumière l’importance des activités qui se sont développées sur la base l’oeuvre de notre membre fondateur et ancien président décédé le 1er janvier dernier et qui restent aujourd’hui à la pointe mondiale, tant dans le domaine de la formation que de la recherche.

C’est en 1964 qu’il avait été sollicité pour piloter le transfert de SupAéro de Paris à Toulouse, dans un contexte de décentralisation. Alors que le projet soulevait peu d’enthousiasme, Marc Pélegrin s’est aussitôt posé en visionnaire, voyant dans sa mission « la possibilité de réaliser ce qui [l]’avait tant frappé aux USA », au MIT, où il avait complété ses études : associer formation et recherche. « Dans cet institut, recherche et enseignement étaient complètement imbriqués, l’étudiant participait souvent aux travaux de recherche. » Il est ainsi parvenu à convaincre l’État de créer un Centre d’études et de recherches en symbiose avec l’école, sous l’autorité d’un directeur commun.

« J’ai vu dans cette mission la possibilité de réaliser ce qui m’avait tant frappé aux USA, quand en 1945-50 j’avais eu la chance de compléter mes études au MIT. Dans cet institut, recherche et enseignement étaient complètement imbriqués, l’étudiant participait souvent aux travaux de recherche. »

Marc Pélegrin
Ancien directeur de SupAéro et de l’ONERA-CERT. Membre fondateur et ancien président de l’AAE

 

En termes de formation, Marc Pélegrin a également vu les choses en grand : alors que les promotions de SupAéro dénombraient à peine 100 étudiants, l’établissement s’est doté de trois amphis de 200 places, de résidences étudiantes, d’installations sportives remarquables et d’un avion Nord 262 pour les TP en vol. De surcroît, la complémentarité instituée entre le CERT et SupAéro a rapidement élevé l’établissement au rang de pionnier parmi les écoles d’ingénieurs : en 1974, SupAéro a été l’une des premières à être accréditée à délivrer des diplômes de docteurs-ingénieurs.

Marc Pélegrin a dirigé conjointement les deux institutions de 1968 à 1978, puis l’ONERA-CERT jusqu’en 1988. Au fil de ces années, SupAéro a formé des centaines d’ingénieurs, qui ont ensuite nourri les succès extraordinaires du secteur aérospatial français. Le CERT y a également contribué de façon notable, en particulier grâce aux travaux pionniers menés dans le domaine scientifique de Marc Pélegrin, celui de l’automatique.